PARCOURS CRITIQUE

 

AISHA
avec Serge Sautreau, Gallimard 1966


Aisha, l'un des rares évènements de la poésie écrite en langue française depuis 1945 (...). Aisha, poème de la première exploration consciemment menée depuis Breton et Soupault au-delà du "Je est un autre" de Rimbaud.

Alain Jouffroy / Qui frappe à la porte

La parution de ce poème est bien un évènement, comme l'affirme Alain Jouffroy. Sincère, puissante, d'une violence tonique, d'un éclat concentré, elle serait saluée avec joie, cette œuvre d'une intensité juvénile, par le Rimbaud de "Paris se repeuple" et des "Mains de Jeanne-Marie". Ce n'est pas poésie confite en pâmoisons d'esthètes, drogue hypnotique propre à nous bercer de rêves et nous donner l'illusion du bonheur pendant que des criminels mènent le monde. Sans compromis, sans bredouillements, sans pleurnicheries, sa farouche beauté est celle d'une poésie totale, révélatrice du réel. À nous de comprendre cette parole.

Camille Lecrique / L'Union / 25 mai 1966

Voici deux poètes qui prouvent que la poésie n'est pas le luxe de quelques esthètes, une alchimie secrète et précieuse, qui s'étiole et se meurt. Qui prouvent que la poésie se fait dans la rue, parmi les hommes, comme le cinéma, comme "Pierrot le fou", qu'elle est faite pour tous et par tous. Avec les mots d'aujourd'hui.

François Bott / L'Express / 27juin 1966

Il faut lire Aisha, c'est un livre dont l'importance ne cessera probablement de croître dans le renouvellement imprévu qu'il apporte à la poésie.

René Lacôte / Les Lettres françaises / 21 juillet 1966

Avec ce livre nous sommes en présence assurément d'un de ces poèmes, fort rares, qui ne peut laisser indifférent son lecteur, qui le marque. Il se peut que je n'arrive point à qualifier mon émotion, que je ne réussisse à définir l'intérêt, le brûlant intérêt d'un tel poème, à é1ucider son centre inconnu; je voudrais signaler au moins son importance, inviter à sa lecture.

Pierre Dhainaut / La Gauche / 17 septembre 1966

Ces voyageurs rafraîchissants, ces souilleurs d'aube, ces révolteurs balafrés, ont souvent raison. Et c'est certes dérangeant: on n'aime point que les poètes aient raison.

Théodore Koenig / Phantomas / juillet 1967


DU PRISME NOIR
avec Serge Sautreau
Fata Morgana 1971

Le lyrisme exacerbé, le mutisme crispé, l'un aussi capital que l'autre, Sautreau et Velter les portent au point de plus grande rupture.

Pierre Dhainaut / Gradira / novembre 1971

C'est là le prix véridique de ces pages: un effort de la conscience qui rend celle-ci redoutable. Une façon d'être qui se nomme "parler". Désarticu1é, un cri. Mais un cri, justement, qui nous atteint - parce qu'il est, pantelant, et saignant même, tout vif désarticulé.

Hubert Juin / Les Lettres françaises / 3 mai 1972


IRREMEDIABLE L'
Seghers / Laffont
collection "Change" 1973

Avec Irrémédiable L', André Velter franchit un grand pas et se confirme comme un poète d'envergure. Un livre sous nos yeux se forme et se distend dans l'éclatement même de son tissu, dans une sorte d'état second du langage, proche du vertige et de l'ébriété. Les mots, là aussi, perdent leur sens comme s'ils perdaient leur sang. Mais une étrange transfusion s'opère, par laquelle le texte prend souffle avec une violence décuplée. (...) Ce "voyageur d'écriture" comme il se définit lui-même, dans l'errance et l'éparpillement du texte, produit pourtant de sauvages et éblouissantes flambées.

Charles Dobzynski / Europe / mars 1974

Voici qu'André Velter s'avance seul. Ce "voyageur d'écriture" nous convie à un long poème : Irrémédiable L', où l'impression s'impose que sa voix vient à la rencontre de sa voix même. (...) Et tel qu'il est venu, improbable, le chant lyrique (car André Velter appartient à nos lyriques) se retire. I1 n'y a pas de début et fin, mais, plus justement, quelque chose qui avait déjà commencé rameute les vocables, puis, avec la brusquerie impérieuse qui est propre au poème, s'en va continuer sa course ailleurs, hors les mots.

Hubert Juin / Le Magazine littéraire / Mars 1974

Avec Velter tout se tient, tout communique; il n'y a pas de chasse réservée pour le langage qui s'égare, dérape et provoque le plus grand nombre possible d'accidents sur la page. (...) Velter, lui, n'éprouve jamais aucune fatigue: il galope à bride abattue comme un messager.

Alain Jouffroy / La séance est ouverte / Editions étrangères 1974

Lire lrrémédiable L', c'est participer aux sacs et ressacs d'une parole qui déborde l'écrit, qui le dépouille, s'ouvrir à l'inquiétude comme au rire, aller "De l'empreinte à l'éclat".

Pierre Dhainaut / Le Journal des poètes / 1974


L'ÉTENDUE DES DÉGATS
(in DE LA DECEPTION PURE, MANIFESTE FROID, avec Serge Sautreau, Jean-Christophe Bailly et Yves Buin)
10/18, 1973

Des phrases, constamment, donnent le signal du lâchez tout, configurent une sorte de nihilisme sec. (...) Avouons que cela revigore.

Dominique Noguez / L'Art vivant / mars 1974


LA POUPÉE DU VENT
Christian Bourgois 1977

La poésie de Velter fulgure comme un acier trempé jusqu'aux larmes.

André Clavel / Les Nouvelles littéraires / 27juillet 1978

Le poème s'ordonne en épopée imaginaire. (...) André Velter, à l'évidence, a été bercé par les grandes et fallacieuses chimères de notre temps. Cette manière qu'ici il a de "défroquer" les mots d'ordre montre combien la liberté vraie (et la sienne) lui tient plus à cœur que les diktats de ce que l'on nomme, par abus et jeux de mots, la "liberté".

Hubert Juin / Le Magazine littéraire / septembre 1978

Une danse, une étreinte, une fête. Ce n'est point le salut que cherche André Velter: cherche-t-il ? Ce qu'il nous ouvre, "le passage / où rien n'attend la suite". A travers La Poupée du vent il va de salve en salve, de séisme en séisme, d'émeute en émeute, évitant d'incarner, si peu que ce soit, ou d'arrêter. La découverte aussitôt se consume: André Velter se méfie de la moindre empreinte, elle est trop vite opaque et lourde, et nous voici dans un état de "vacance" perpétuelle. "L' adolescent lointain", prend-il soin de dire à la dernière page de La Poupée, comme s'il ne voulait pas conclure, "brûlera mes étapes": en fait, lui-même, il les brûle.

Pierre Dhainaut / Le Journal des poètes / 1978


L'ARCHER S'ÉVEILLE
Fata Morgana 1981

Les mystères aphoristiques de L'Archer s'éveille sont un enchantement rare, jeux du savoir et de la divination. "Le néant s'est donné un ange / qui gémit de se savoir des ailes." Mais si cela nous concerne, et nous parle, c'est qu'à la source comme au long du parcours, il y a une exigence, une mesure de l'être et de la parole. "I1 n'y a pas de poème sans parcours, il n'est pas de poète sans égarement." Mais c'est notre voie essentielle qu'ils éclairent.

Claude Michel Cluny / Le Quotidien de Paris / 27 avril 1982

Le balancier poétique de Velter s'autorise toutes les amplitudes, de l'instant à l'étemité, du présent à l'infini. L'image s'est épurée, diamant de fougue contenue dans ses plus beaux moments, lyrisme de la simplicité lumineuse lorsque le poète passe de l'idée initiale de parcours à celle, fondamentale, de migration.

Pierre Vandrepote / Canal / septembre 1982


DAR-Î-NÛR
avec Serge Sautreau, Nulle Part 1983

Serge Sautreau et André Velter, réussissent, une fois encore, une sorte de sonate à deux inspirée par une quête insatiable de l'Orient.

Claude Michel Cluny / Le Quotidien de Paris / 17 janvier 1984


UNE FRESQUE PEINTE SUR LE VIDE
Fata Morgana 1985

CE QUI MURMURE DE LOIN
Fata Morgana 1985

On peut considérer chaque poème d'André Velter comme une invitation au voyage telle que la concevait Baudelaire, une invitation à tous les voyages, et au plus surprenant d'entre tous, le voyage intérieur.

Jean Chalon / Le Figaro / 18 octobre 1985

Voici, coup sur coup, deux livres largement ouverts sur la solitude et qui cheminent, ensemble, vers la plénitude d'une écriture. La pensée y cherche moins à s'accorder aux dépaysements, aux paysages qui l'habitent, qu'à assurer sa complicité avec le monde, visible et invisible, dans un espace où la parole donnerait liberté à ce qu'elle nomme en se conjuguant aux choses.

Charles Dobzynski / Europe / janvier 1986

Une même voix s'exprime dans ces deux ouvrages si différents. Une voix nomade qui se voudrait de toutes les migrations du temps.

Pierre Drachline / Le Monde / 2 mai 1986

La simplicité de cette poésie : je retrouve ce mot qui profondément convient au naturel, au souffle blanc, au ton à la fois grave et léger qu'aucune difficulté de rhétorique, aucune obscurité, aucun embarras didactique jamais n'oblitèrent ou ne ferment. Oui la poésie de Velter est ouverte, claire, ailée comme les propos de Platon et de ses disciples, élémentaire et raffinée en pleine lumière de l'esprit, comme aussi les poèmes des Chinois classiques.

Jacques Chessex / Aube magazine n° 37

La force d'André Velter se révèle exactement là : il ne triche pas avec la position qui fait de l'écrivain l'artisan de la représentation, et par conséquent d'une mise à mort de la réalité, mais il engage à tel point son propre souffle dans ce travail qu'il en transmet l'énergie à tout l'espace symbolique, si bien que la distance - nécessaire au développement de la lecture et de la conscience - n'est pas vide : c'est l'ouverture même.

Bernard Noël / Aube Magazine n° 37


VELICKOVIC, L'ÉPOUVANTE ET LE VENT
Fata Morgana 1987

"La parole peut-elle naître en regard, surgir de la matière même des images ?" En posant cette question au seuil de son livre, André Velter définit l'espace dans lequel il entend inscrire son texte: parole qui veut "naître" et "surgir" de l'œuvre regardée, parole volontairement, essentiellement dépendante. Les poèmes "en regard" des reproductions en noir et blanc - parti pris qui accentue la proximité avec le texte écrit - prennent acte de l'effet produit, de la commotion engendrée par les toiles de l'artiste.

Patrick Kéchichian / Le Monde / 4 septembre 1987


L'ENFER ET LES FLEURS
Fata Morgana 1988

II n'est pas besoin de présenter André Velter : un poète qui va de soi, l'un des plus forts de sa génération, fidèle, sans la moindre concession, à une écriture de la fulgurance très éloignée aujourd'hui de ses anciennes sources surréalistes, mais qui a su en préserver au moins l'une des plus hautes vertus: la pureté infracassable du diamant image.

Charles Dobzynski / Europe / avril 1989


L'ARBRE-SEUL
Gallimard 1990, Prix Mallarmé

Chaque poème d'André Velter est une oasis, une halte privilégiée entre passé et présent, mythe et réalité.

Jean Chalon / Le Figaro

L'Arbre-Seul pourrait être considéré comme un journal intime, s'il n'était en même temps le journal du recommencement de l'être, de sa re-naissance ou résurrection, dans le feu noir d'un voyage à ne prendre jamais fin puisqu'il se situe, simultanément, dans "l'espace du dedans" cher à Michaux et dans les étendues encore énigmatiques d'un atlas où se trouvent privilégiées les terres asiatiques, Inde, Afghanistan, Tibet ou Sinkiang.

Charles Dobzynski / Europe

J'avoue avoir beaucoup aimé ce livre d'aventures et d'explorations personnelles, où le quotidien côtoie le mythe, où le sordide peut devenir grandiose, entre souffle et sortilège.

Jean Orizet / Le Figaro Magazine

André Velter, l'ouvreur d'espace. Son livre est mieux qu'un brillant carnet de voyage. Son pays ? C'est le dépaysement lui-même.

Dominique Grandmont / L'Humanité

André Velter s'approche au plus près d'une quintessence qui, pour un peu, nous paraîtrait grâce à lui accessible.

Chantal Aubry / La Croix

L'Arbre-Seul, d'André Velter, un recueil où la poésie vit d'une aventureuse nécessité.

Josyane Savigneau / Le Monde

L'Arbre-Seul constitue l'une des entreprises lyriques les plus imposantes et les plus enrichissantes de ces vingt dernières années, et un ouvrage qu'il faut d'ores et déjà considérer comme un livre de chevet : une poésie de défi, d'épanouissement et d'extrême exigence.

Alain Bosquet / Le Quotidien de Paris

André Velter est un des rares poètes français capable de ne pas vivre l'expérience de la perte de soi comme une impasse, mais au contraire comme un "gain de lumière". (...) André Velter, ou comment "tutoyer les incendies du dedans".

Jean-Marie Le Sidaner / Le Magazine littéraire

L'Arbre-Seul, vaste poème où le dépaysement joue de toutes ses gammes (...), un livre que je tiens pour exceptionnel dans la production déjà abondante et remarquée d'André Velter. (...) Une musique telle qu'il s'en entend peu, de ces jours. Et un document sur la qualité et la délicatesse de la vertu.

Henry Deluy / Révolution

L'Arbre-Seul que j'ai lu et relu m'a convaincu que la parole d'André Velter porte et portera sans cesse davantage. J'aime cette parole.

Alain Jouffroy / France Culture

Dans ce livre superbe où la diversité formelle n'a d'égale que la multiplicité de ses parcours, je n'ai pas aperçu une seule page, pas un vers, pas un mot qui soit en excès (...) tout y relève de cette nécessité interne qui fait la poésie, celle qui cherche et trouve son territoire dans "le songe d'un songe", dans un au-delà du regard qui sonde au plus profond la véritable humanité. Seuls les grands poètes du voyage, Claudel, Ségalen, Cendrars, Michaux savent mettre en relation l'Atlas géographique et l'espace du dedans": André Velter est de ceux-là.

Lionel Ray / La Nouvelle Revue Française

Voyageur exact, imprévisible, capable de voir les vivants et d'écouter la plainte des morts dans leur sépulture étroite, Velter est un nomade chargé de racines, de mots qu'il sème, d'échos capturés pour le bonheur d'une mémoire.

Claude Michel Cluny / Lire

Avec L'Arbre-Seul, André Velter signe sans doute son plus beau livre. (...) L'Arbre-Seul peut se définir comme l'expression d'une volonté qui cherche à embrasser tout le réel, à élaborer la définition d'un point d'où rayonnerait la totalité de l'humain. Quelque chose aussi comme une musique à la fois discordante et harmonieuse, et dans laquelle on plonge comme dans un bain de jouvence.

Benoît Conort / Le Français dans le monde

Parmi les œuvres ouvertes de cette époque, L'Arbre-Seul et son chant suivant ne représentent plus ce "dernier instant" qui donnait au poète ancien la satisfaction définitive. André Velter n'accomplit pas quelque chef d'œuvre intérieur enfin délivré, mais organiquement tend l'arc de vivre: l'art d'écrire et l'art de vivre se confondent. Vertical, L'Arbre-Seul écoute le vent qu'il fait chanter, produit l'ombre et l'élan: la poésie n'est plus le passage d'une forme impure à une forme pure, mais une forme changeante en soi, "voilier du vide"; la vibration même est son œuvre, allant de soi, livrant ce qu'elle ne croyait pas contenir.

Alain Borer / Marges n° 4

La poésie d'André Velter est perpétuel questionnement, remise en cause des cloisons de la réalité. Le lyrisme de L'Arbre-Seul est ambitieux: c'est à la lois une conquête de la langue et une réflexion sur la place du poète dans le monde et la littérature.

Jean-Yves Reuzeau / Dictionnaire des œuvres du XX° siècle, Le Robert


DU GANGE À ZANZIBAR
Gallimard 1993
Prix Louise Labé

Incorrigible camp-volant, braconnier sublime, André Velter, une fois encore, a pris au collet les fadaises et les niaiseries du monde. Avec lui, l'élévation, l'appel des sommets, la claque de la pureté sont des obligations.

Yanny Hureaux / L'Ardennais / 21 octobre 1993

Un poète pour dire la mort et la beauté du monde. Un poète plus nécessaire que jamais.

Chantal Aubry / La Croix / 12-13 décembre 1993

On entre dans le livre de Velter comme l'on tremperait son doigt innocemment dans un cyclone. C'est le bras et tout le corps et tout l'esprit qui, aspirés, tombent en spirale dans une chute sans fin ni commencement repérable. D'un seul coup, on y est. On est pris. II n'y a pas de sortie. On s'enfonce, on est déjà loin. On n'y est plus pour personne, car tout le monde est déjà là, depuis longtemps.

Gil Jouanard / Le Monde / 24 décembre 1993

L'ouvrage d'André Velter, ce digne héritier de "l'homme aux semelles de vent", possède la vertu vivifiante d'un grand appel d'air poétique.

Jean Orizet / Revue des Deux Mondes / janvier 1994

Ce poète est un Nerval moderne, tout pour lui étant "d'or et de fée"; le rite perfectionné à l'extrême de l'interrogation radieuse. Jamais l'impossibilité de se saisir n'a été traduite en une orfèvrerie si transparente et si cristalline, sans que rien du mystère profond ne soit sacrifié à l'autel de l'inutile logique.

Alain Bosquet / Le Figaro / 7 janvier 1994

Un poète voyageur habité par le démon de l'aventure et le rythme des mots.

Jean-Marie Hégo / Lire / janvier 1994

Parmi les poètes d'aujourd'hui, Velter est un praticien (et un philosophe) de l'errance, dans la filiation de Larbaud, Segalen et Claudel (Connaissance de l'Est). (...) Comme son regard, ouvert sur le dedans et le dehors, l'écriture de Velter prend les couleurs multiples du prisme. Il amalgame, module et refaçonne selon sa sensibilité, toutes les écritures, toutes les formes, l'ample scansion du verset, le découpage syncopé ou fluide du vers libre, et même un sonnet revivifié qui retrouve la saveur, le prosaïsme, la vertu suggestive des "sonnets torrides" de Henry J-M Levet, à quoi s'ajoute, il est vrai, une gravité de la pensée qui échappe au pittoresque. Cette manifestation d'anticonformisme n'est pas la seule chez ce poète à qui l'on sait gré de nous offrir, en un temps où l'aridité menace la poésie régnante, ce parcours de la passion et ces beautés luxuriantes d'un langage admirablement maîtrisé.

Charles Dobzynski / Europe / janvier-février 1994

Lieux réels ou livres, il y a chez l'auteur de ces pages une tendance native à l'émerveillement, à la reconnaissance de la beauté quelle qu'elle soit. II chante comme il respire.

Benoît Conort / Le Français dans le monde / mai-juin 1994

Beaux poèmes sur les lieux, cultures et civilisations d'ailleurs, tissés aux lieux parisiens et au cœur du poète. Tracé par une langue transparente, un itinéraire à la fois concret et initiatique.

Marie-Claire Bancquart / Dictionnaire des littératures / P.U.F. 1994



PASSAGE EN FORCE
Le Castor Astral / Écrits des Forges 1994

OUVRIR LE CHANT
Le Castor Astral / Écrits des Forges 1994

Par ce titre assez significatif - Passage en force - cette réédition nous fait entendre avec plus d'ampleur encore le souffle et la vitesse, la violence et l'urgence, l'invention et la précision des poèmes d'André Velter, lesquels tirent de ces vingt ans écoulés une puissance plus concise, souvent anticipatrice et décisive.

Olivier Apert / Révolution / 21 avril 1994

Aujourd'hui, Passage en force et Ouvrir le chant nous permettent de mieux juger une attitude humaine et une richesse esthétique assez rare. (...) Il y a en nous, semble reconnaître André Velter, une haute aspiration vers l'absolu et un comportement qui va au massacre. Entre exaltation et catastrophe, André Velter est assurément notre intercesseur le plus affolant.

Alain Bosquet / Le Quotidien / 27 avril 1994

De quelle colère André Velter tirait-il cette cadence de boxeur des lettres ? La musique était déjà là, dans l'oralité des voix. Le rock dur de Ça cavale, la polyphonie des chants du Grand Passage poursuivent ainsi naturellement un cheminement marqué chez André Velter par l'insurrection, dans tous les registres de la parole: le cri, l'exultation, le chuchotement, tout est là.

Renaud Ego / Infomatin / 17 mai 1994

Nous savons définitivement, lisant ou relisant ces trois livres, que nous avons besoin de ce poète, toujours juvénile, besoin de son souffle, de sa voix et de sa perpétuelle impatience, besoin de savoir que l'un d'entre nous a mis définitivement "le désespoir au clou".

Franck Venaille / Magazine littéraire / Juillet-août 1994

Son énergie, André Velter la puise aux sources de la poésie la plus ancienne, la plus directe mais aussi la plus sophistiquée. Dans sa conception, le poème comporte une vérité gnomique fondamentale qui s'adresse à tous les vivants, mais dont la valeur doit impitoyablement être éprouvée par le corps comme par cet autre corps à l'intérieur du corps qu'est la voix.

Jacques Darras / Esprit / août-septembre 1994

Le poème considéré comme une ascèse aux mille sagesses puisées aussi bien dans les civilisations occidentales que dans les troubles racines asiatiques. Ici le rationnel et l'irrationnel se rejoignent, avec autant de douceur que de sobre ivresse.

Alain Bosquet / Anthologie de la Poésie Française Contemporaine / Le Cherche Midi, 1994


ÇA CAVALE
oratorio-rock, CD Paroles d'Aube 1994

Cet oratorio est un cri de révolte, un appel violent à l'amour et à "la liberté libre". Un hymne au désert, au soleil, à la parole nomade. Un chant apache qui nous invite à briser les chaînes de nos existences étriquées (...). Il y a au cœur de cet oratorio la force du texte de Velter. Mais, Jean-Luc Debattice, qui l'a mis en musique, le dit et le chante, le porte à incandescence.

Jean Druart / L'Ardennais

Briseur d'idoles et réveilleur de consciences endormies, André Velter a choisi la violence du rock pour faire exploser son poème à trois voix, "Ça cavale".

S. Bourlet / La Montagne

D'abord le chant des mots. Des plaintes, des cris de colère, des imprécations. Un grand torrent qui rabote le silence ordinaire avec, de temps à autre, en contrepoint, les échappées lyriques d'une voix que rien n'arrête. Pour dire ces textes, trois personnages et quelques légers accords de guitare et de flûte, puis, soudain, le coup de tonnerre, la parole noyée sous un son de combat. C'est du rock pur et dur, avec une batterie qui martèle les tempes, des guitares qui saignent.

Jean-Louis André / Le Monde

Réconcilier le langage parlé, le raccourci de la chanson et le souffle du poème épique, prophétique et social, c'est ce que réussit superbement cette œuvre qui n'a guère d'équivalent, à l'intersection de plusieurs genres (elle associe les voix et l'ensemble rock, batterie, guitares) sans confusion ni hybridation laborieuse. "Je fredonne ce qui ne se fredonne pas", dit le poète. En effet, ce qui d'ordinaire est exclu du champ poétique, mots roturiers, orduriers, argot des rues, argot du cœur, verdeur et ferveur, rythmés, haletants, emportés par l'élan de la révolte, se trouvent métamorphosés à la fois par l'alchimie du verbe et par une vision tragique et féroce du réel.

Charles Dobzynski / Europe

Plaidoyer fiévreux, furieux, fervent, pour des corps et des esprits librement nomades.

Anne-Marie Paquotte / Té1érama


LE HAUT-PAYS
Gallimard 1995
Goncourt / Poésie

Le singulier singularise singulièrement l'œuvre d'André Velter : elle est unique. Certains ont comparé Velter à Rimbaud. L'entreprise n'a pas de sens. Velter c'est Velter, voilà tout.

Yanny Hureaux / L'Ardennais / 5 octobre 1995

Un lyrisme frémissant, nomade, jamais empesé. Une belle leçon d'horizon et de transparence.

Patrice Delbourg / L'Evènement du Jeudi / 12 octobre 1995

On évoquera le "Tibet" de Segalen pour ce long poème, cette traque fervente du pays blanc.

Jean-Paul Ribes / La Lettre du Tibet / novembre 1995

L'éveil, ce partage de l'essentiel, André Velter le mène haut la main avec ce qui signe la vraie démarche du poète, cette clarté intérieure du vers rendant la parole aussi nécessaire que l'eau dans le désert.

Dimitri T. Analis / Le Monde / 10 novembre 1995

Dans Le Haut-Pays, André Velter nous parle d'une Asie intérieure, et de la nécessité de sa présence. L'Asie - et en particulier le Tibet - en devient une vocation : on y accède au vertige comme à la sérénité, à la conscience et à la prescience, au besoin de se désincarner et à celui de se réincarner. L'expérience est de tous les instants, avec une économie de moyens et une majesté on ne peut plus subtile. Celui qui parle est toujours l'autre : le moi inconnu enclin à dire la fin et le commencement, le mystère et l'évidence. Le poème en acquiert une étrange et impalpable plénitude.

Alain Bosquet / Le Figaro / 21 décembre 1995

André Velter, l'archer-poète, vise les cibles de la sagesse à travers l'infini des paysages.

Dominique Grandmont / L'Humanité / 29 décembre 1995

Superbe chant épique inspiré par le Tibet et l'Himalaya : Le Haut-Pays, composé de textes multiformes qui tous éveillent quelque chose en soi de subtil, d'indéfinissable, de précieux, d'abrupt, comme un parfum des cimes et d'éveil. On aimerait tout citer tellement c' est beau et fait prendre souffle dans la lumière.

Marc de Smedt / Nouvelles C1és n°8 / Décembre 1995

Poème unique puisque sa thématique (le désert, la philosophie du vide) finit par s'imposer à la grande variété des formes et aux tonalités gagnées sur la phrase descriptive. Le Haut-Pays, est, après L'Arbre-Seul, le second livre phare que nous donne, en cinq ans, un écrivain qui s'impose, la cinquantaine venue.

Gérard Noiret / La Quinzaine littéraire / 1-15janvier 1996

André Velter, la poésie de vive voix : il est l'homme des grands voyages sur la terre et dans la tête.

Didier Méreuze / La Croix / 29 janvier 1996

Il est des poètes qui ont besoin de s'élever, au propre comme au figuré, afin d'être en meilleure adéquation avec eux-mêmes. André Velter appartient à cette race des conquérants de l'inutile, autant dire de l'essentiel. Explorateur des royaumes d'altitude ou montagnard de la métaphore, celui-ci est plus à l'aise sur une ligne de crête à cinq ou six mille mètres d'altitude que dans les plaines balisées de la grise modernité.

Jean Orizet / Revue des Deux Mondes / janvier 1996

Voyageur, André Velter ? Le terme est si galvaudé, avili même, qu'on hésite à l'écrire. II n'est pas de voyage s'il n'est intérieur. L'ailleurs, en soi. Velter aime les Himalaya pour la leçon de dure beauté qu'ils proposent - donc de morale ou, si l'on préfère, de sagesse.

Claude Michel Cluny / Lire / mars 1996

Ce poème, très prenant par l'expérience qu'il présente, d'un voyage bien réel qui est aussi voyage de vie intérieure, l'est aussi par sa diversité d'écriture, de la prose au vers ample ou réduit à un seul mot, de l'énumération épique à la méditation ascétique. Un recueil maîtrisé et pénétrant, une réussite d'André Velter.

Marie-Claire Bancquart / Europe / mars 1996

Le Haut-Pays est un livre "gai" (il y a bien un gai savoir...) ou plutôt allègre, par son rythme, sa légèreté. Livre mystique, dirais-je volontiers, mais d'un mysticisme joyeux, où le vide est ce sur quoi se dessine, naturellement, toute vie. Un mysticisme qui ignore la culpabilité, un mysticisme de l'exercice, au sens étymologique, de la pratique physique, du souffle qui rythme le corps, l'accompagne dans son mouvement.

Benoît Conort / Le Français dans le monde / février-mars 1996

Très beau poème au souffle long et rythmé, pénétré de cette sérénité durement conquise au soir de la longue errance qui a conduit le poète jusqu'aux frontières ultimes de ce Haut-Pays.

Bernard Mazo / Poésie 1 / avril 1996

Ces textes d'une ferveur intense et d'une parfaite plénitude, ne sont pas des actes de piété. Le lecteur est d'abord touché par l'approche physique que s'est imposé Velter : le jeu des muscles, le silence, l'ivresse des visions et la montée du chant.

Bruno Sourdin / Ouest France / 25 avril 1996


ÉTAPES BRULÉES
Le Castor Astral / Écrits des Forges, 1996

Un livre extraordinaire. Attention ! Les ailes en papier des Étapes brûlées ne doivent pas vous faire oublier l'essentiel : ce Velter aux semelles de cerf-volant est un redoutable oiseau de proie.

Yanny Hureaux / L'Ardennais / 19juin 1996

En terre afghane, André Velter avait saisi à quel point l'art poétique puise sa vitalité dans une étreinte avec la nature même qui l'avait engendré, quitte à brûler les étapes pour mieux renaître de ses cendres.

Fabrice Littamé / L'Union / 4 août 1996

Bien qu'antérieur au livre admirable qu'André Velter a donné récemment chez Gallimard, Le Haut-Pays où il saisit, mieux que quiconque depuis Victor Segalen, le génie d'une Asie matérielle et immatérielle, on retrouve dans Étapes brûlées la même quête d'absolu. Poésie pure et irrationnelle, philosophie qui se retourne contre sa propre pensée, devoir de métamorphose, illumination et cécité du verbe qui dit tout mais garde son mystère : tel est l'état d'esprit de ce poète de 51 ans, l'un des plus indiscutables que nous ayons.

Alain Bosquet / Le Figaro / 5 septembre 1996


AISHA
avec Serge Sautreau
Gallimard
réédition 1998

II y a là rassemblés tous les éléments d'un langage indomptable, irréductible aux forces institutionnelles. Car Aisha demeure dans un éclat perpétuel. Son énergie offensive est plus que jamais présente et efficace : elle est destinée à ceux qui vivent en harmonie avec le danger.

Adonis / Al Hayat / 19 mars 1998

La réédition de Aisha est un évènement. Elle nous permet de pouvoir enfin retrouver une œuvre qui déjà fait date dans l'histoire de la poésie.

Yanny Hureaux / L'Union / 5 avril 1998

Cette sorte d'enragement du lyrisme qu'on retrouvera souvent sur les murs de 68, Aisha ne laisse pas de le préfigurer. A nouveau, les poètes ont refusé de dissocier révolte et révolution. Tout individu est à la fois enfermé dans son être propre et dans la société, Aisha est le témoignage intérieur de ce soulèvement, comme mai 68 en sera, deux ans plus tard, la face externe.

Pierre Vandrepote / Les Temps Modernes / mai-juin 1998

La réédition par les éditions Gallimard de Aisha d'André Velter et Serge Sautreau permet aux jeunes lecteurs de découvrir un des textes qui avec les Épiphanies de Pichette reste l'une des œuvres majeures du surréalisme de l'après-guerre.

Gérard Noiret / La Quinzaine Littéraire / 16-30 juin 1998

Pas très loin du surréalisme et de la beat generation, ce poème très moderne, qui date de 1966, annonçait le climat de mai 1968.

François Bott / Le Monde / 31 juillet 1998

Qu'en reste-t-il, trente ans après ? Je dirai : tout ou presque, en tout cas l'essentiel : le brasier d'énergie qui l'anime, transforme les mots et les pensées en brûlots, systématique remise en cause de tous les savoirs, de toutes les valeurs.

Charles Dobzynski / Europe / septembre 1998

Avec ses bifurcations, ses déhanchements, ses discordances, ce poème nomme la vie que les littérateurs trahissent.

Renaud Ego / Jungle n° 19

Aisha est l'autre nom de la Jeunesse tel que ne l'affecte aucun pronom possessif et tel que doué d'une énergie assez pénétrante pour généraliser sa pentecôte dans les têtes et dans les cœurs.

Bernard Noël / Jungle n° 19

Aisha fut un éclair dans un ciel fané. Après : meilleur temps. Lisez. Relisez. Dans notre ciel pas très lumineux non plus et souvent assez bas (de plafond intellectuel et stylistique), ça fulgure encore pas mal: "Tout le réel à vaincre / La rue à conquérir /Rien n'est donné rien n'est fini / Il faut tout agrandir".

Christian Prigent / Jungle n° 19

La réimpression, ces jours-ci, de Aisha, ce poème à voix double et jointe publié entre la fin de la guerre d'Algérie et la débâcle américaine au Vietnam, m'apporte la preuve, si besoin en était, que la poésie, à moins d'être de circonstance, ne passe pas avec le temps. C'est un livre neuf que je viens de relire, dont les accents sont actuels et la force vive.

Guy Goffette / Jungle n° 19

Comme la jeunesse de l'immédiate après-guerre connut un choc poétique avec les Épiphanies de Pichette, ceux qui eurent autour de vingt ans en 68 se souviennent de ce pavé dans la mare que fut Aisha d'André Velter et Serge Sautreau. Une insolence ailée, une passion de la parole y bousculaient la débâcle bien policée d'une époque.

Gérard Noiret / La Quinzaine Littéraire / 16-30 avril 2000




ZINGARO SUITE ÉQUESTRE
dessins d'Ernest Pignon-Ernest
Gallimard 1998


© Antoine Poupel

Parcours sublime, rodéo à perte d'haleine, la passion du cheval, sans œillères, sans rênes, sans mots. Un livre dédié à Bartabas, centaure d'Aubervilliers, et à son empire équestre. Toute la fantasia de l'aventure Zingaro, chue d'un vieux rêve antique, en éclats de crinière. Le lyrisme va l'amble, depuis les sabots jusqu'au vertige de la lumière.

Patrice Delbourg / L'Évènement du Jeudi / 26 novembre 1998

Voilà quatorze ans que Bartabas crée de la poésie. Une poésie volatile, fugitive, évanouie sitôt que suggérée. Il était temps qu'un poète la fixe dans nos mémoires, la grave dans la durée. Avec Zingaro suite équestre c'est chose faite. Illustré de vingt dessins originaux d'un artiste aux amples foulées et, comme par hasard, ami commun à Velter et Bartabas, Ernest Pignon-Ernest, ce petit livre est, en cette approche de Noël, un don du ciel.

Jean-Louis Gouraud / Equus n°35 / novembre-décembre 1998

Rien de plus difficile que d'ajouter de la poésie à de la poésie, des images littéraires aux chorégraphies équestres : c'est pourtant ce qu'a réussi André Velter qui suit, observe, interprète les spectacles de Bartabas depuis les premiers "Cabarets équestres" et "leur bivouac ouvert à tous les vents" jusqu'à "Eclipse" et sa "liturgie froide en noir et blanc".

Jérôme Garcin / La Provence / 13 décembre 1998

Les vers ciselés par Velter ne font qu'augmenter le trouble engendré par les différents spectacles de Bartabas, un émoi superbement entretenu par les dessins d'Ernest Pignon-Ernest. On ne sait si les retrouvailles du cheval et de la poésie vont perdurer, mais le coup de foudre pour cette suite équestre est absolu !

Jean-Francois Pré / Aujourd'hui - Le Parisien / 25 décembre 1998

Zingaro est un livre qui communique " l'allant et l'allure ". Tout est concerté pour que la lecture s'arrête une seconde au moment de tourner la page puis reprenne aussitôt. Les images, les détournements d'expression ("quand rien ne demeure / il y a péril en la pesanteur"), les interpellations ("te voici donc à l'œuvre / don Bartabas de la Manche"), les énumérations emballent constamment l'écriture. Il ne s'agit pas d'accomplir un quelconque reportage, mais par la frappe et le rythme, de trouver des équivalences aux frissons que procurent les corps et les lumières. Sans nuire à la perception du sens, le poème ne se refuse jamais une référence littéraire ou historique, une invention verbale, quitte à rimer l'espace de quelques vers pour faire passer un bon mot. La célérité de la formule, le claquement des syllabes prennent tant le pas sur la référence qu'au final la réalité se trouve transposée et que le lecteur est avant tout confronté à une légende moderne.

Gérard Noiret / La Quinzaine littéraire / l février 1999

Un livre sans équivalent qui célèbre en une "suite équestre" non seulement la plus belle conquête de l'homme, le cheval, mais la bravoure des "indomptés de naissance / qui forcent le destin". Cette bravoure, c'est Bartabas, le Zingaro de fabuleux spectacles équestres, qui l'incarne plus que tout autre aux yeux du poète.

Charles Dobzynski / Europe / mars 1999

Si Bartabas réconcilie tout le monde avec le cheval, sûr que l'épopée de Velter réconcilie avec la poésie.

Jean-Louis Gouraud / Equus n°36 / mars-avril 1999

Un livre de poésie qui sonne fort et clair, enrichi par la beauté mouvante des dessins noir et blanc d'Ernest Pignon-Ernest.

Cathy Bouvard / Lyon Capitale / 26 mai 1999

Un véritable chef d'œuvre, Zingaro suite équestre, évidemment dédié à Bartabas et son art, illustré d'une vingtaine de dessins d'Ernest Pignon-Ernest qui, à cette occasion, s'est attaqué pour la première fois à une série de dessins animaliers. Ici se croisent trois des plus grands artistes de leur temps; un maître du mouvement équestre inspirant un maître du mouvement verbal fécondant lui-même la démarche d'un maître du trait en mouvement. Au final, une œuvre rare.

Franck Laroze / Calamar / juin 1999


Ernest Pignon-Ernest
 

 

 


 


LE SEPTIÈME SOMMET
Poèmes pour Chantal Mauduit
Gallimard 1998

André Velter, à la forge de son chant, prolonge la note d'un amour de haut lignage, tisse le chant extatique de vingt-trois mois de passion... Une voix d'élégie calcinée, à l'acmé de la douleur.

Patrice Delbourg / L'Évènement du Jeudi / 26 novembre 1998

C'est un tombeau, bien sûr, ce recueil qui rassemble poèmes en prose et en vers, trois élégies et une magnifique "Litanie de toi". C'est un livre de neige, mais jamais de grisaille, un souvenir d'"altitude, poésie, insouciance, goût du risque, étreinte à se briser les os, cœur à cœur". C'est le cri d'amour d'un homme qui croit encore à la parole : non pas pour dire la mort, pour l'accepter, pour l'aimer en s'en désolant, mais pour la combattre.

Josyane Savigneau / Le Monde / 4 décembre 1998

La poésie, André Velter et Chantal Mauduit la partageaient. Comme ils partageaient la montagne. Brèche blanche des mots. Faille noire de l'abîme. Aujourd'hui, à l'homme seul, étouffé à son tour sous l'avalanche d'une saison glacée, il reste ces paroles gravées contre la paroi inaltérable de " l'amour fol ".

Didier Pobel / Le Dauphiné libéré / 14 décembre 1998

Ce livre de deuil, dans sa retenue pudique, la transparence de son écriture, ses mots dépouillés, est d'une beauté pathétique.

Bernard Mazo / Aujourd'hui Poème/ janvier 1999

André Velter partageait l'amour d'une femme radieuse, Chantal Mauduit. La montagne la prit, ruinant leur bonheur. Il composa ce bouleversant tombeau. Sous les mots de souffrance, brûle le feu d'une passion qu'aucune neige n'éteindra.

Michel Perraudeau / Anjou laïque /janvier 1999

André Velter, l'un des poètes majeurs d'aujourd'hui.

Bernard Delvaille / Le Figaro / 28 janvier 1999

Cela nous donne un livre d'un dépouillement pudique, d'une beauté tragique, en même temps non désespérée car les mots simples, qui affleurent, un à un, à la surface du poème n'abdiquent pas devant la mort mais se dressent dans leur nudité extrême pour disputer à la mort les noces qu' elle nous a volées, et le chant pathétique à force de ferveur s'affirme pour nier le néant dans l'un des plus beaux et déchirants poèmes jamais écrits par André Velter, "Force de mots".

Bernard Mazo / Poésie 1 / mars 1999

Dans le sentiment tragique de la fragilité, la poésie d'André Velter pulse des accents déchirants, loin des images caracolantes d'autrefois, des défis de prouesse verbale : c'est l'épreuve de la dépossession qui tout entière emplit l'espace de la parole et dicte au poète de vouer son deuil, non point à la désolation, à la déploration, à la grisaille ou à la griserie du désespoir, à monter au contraire d'un degré dans l'altitude de la dignité, là où la neige est la plus aveuglante mais ne saurait ensevelir la parole, le feu et la foi qui continuent de brûler en elle.

Charles Dobzynski / Europe / mars 1999

En quelques mots, André Velter sait agencer l'invisible syntaxe d'une présence rayonnante, et chaque texte est comme le précipité d'instants de haute intensité déclinant en images de douleur et de beauté la violence enchanteresse d'un amour s'affermissant encore de ce qui le mine. Ecriture dont l'essentielle nudité accueille l'écho d'un souffle originel, recueille la ferveur présente et passée ainsi que toutes les brûlures d'une mémoire en feu.

Richard Blin / Le Mensuel littéraire et poétique / avril 1999

Un déchirant hymne à l'amour dédié à l'alpiniste Chantal Mauduit, disparue en 1998 dans une avalanche, en Himalaya.

Colette Lanier / Le Dauphiné Libéré / 8 avril 1999

À travers des textes aussi aiguisés que la pointe de son chagrin, André Velter nous a livré une vision du monde à la fois révoltée et drô1e, passée au tamis d'une rage de vivre qui ne concède rien.

Colette Lanier / Le Dauphiné Libéré /10 avril 1999

Le poète inscrit ici trois des plus beaux poèmes d'amour jamais composés, simples et vibrants, que les amoureux devraient se répéter pendant longtemps.

Franck Laroze / La Voix du lyonnais / 6 mai 1999

Pour elle, il a écrit Le septième sommet, un livre de douleur pour apprivoiser la douleur, pour retenir dans les mots la lumière que la mort voudrait éteindre. Ces poèmes bouleversants sont traversés par l'image de l'absente qui invite, toujours, à "vivre au plus haut".

Michèle Gazier / Télérama / 25 août 1999

 


 

 

L'AMOUR EXTRÊME
Poèmes pour Chantal Mauduit

Gallimard 2000

Il n'y a pas de mots pour "dire" cette offrande de poèmes qu'André Velter fait à Chantal Mauduit.

Yanny Hureaux / L'Ardennais / 2 février 2000

Déchirante pérégrination à travers la vie, la passion et la mort.

Bernard Mazo / Aujourd'hui poème / février 2000

Grand voyageur, il a passé la moitié de sa vie au Tibet et en Afghanistan. Sa poésie en a gardé les couleurs de l'ailleurs : qu'il invente des "phrases-embarcadères, des noms aimantés, des chansons qui d'avance larguent nos amarres ", ou que, tenté par d'anciens rythmes, il mêle sa voix à celle des troubadours, toujours André Velter tente l'ascension du mont Amour.

Didier Jacob / Le Nouvel Observateur / 2-8 mars 2000

Le poème est ici tracé pour tenir bon, pour retrouver sa dignité, pour savoir qu'un deuil ne se fait jamais, qu'il ne faut pas vivre dans l'amnésie mais arc-bouté avec le souvenir de l'aimée disparue. Aucune trace d'apitoiement dans cette conquête inutile en des passions d'altitude. Une voix brisée qui se hisse au secret de soi-même, le long des parois du chagrin pérégrin, un souffle d'une vitalité inouïe qui tambourine au cœur du vivant.

Patrice Delbourg / L'Évènement du Jeudi / 9-15 mars 2000

La poésie est une voyageuse de nuit. Elle n'a envie que de départs. Elle va elle ne sait jamais où, et toujours elle se retrouve et toujours elle se perd. Elle ne collectionne les portulans que pour arpenter les terres sans cartographie et tous ses bivouacs sont des égarements. Au matin, elle se réchauffe aux cendres et aux neiges. André Velter nous dit ces choses-là. Il prend possession du monde pour abolir toute frontière. Sous les avalanches de la mort, il voudrait que la vie danse quand même et ses courages, parfois, sont comme des larmes.

Gilles Lapouge / En étrange pays - France Culture / 10 mars 2000

Ce recueil pourrait être déprimant, c'est tout au contraire une leçon de vie, une brassée de mots jetée à la face du néant, qui reste sans voix devant la langue de feu magnifique d'André Velter, l'inconsolé.

Fabrice Gaignault / Elle / 20 mars 2000

André Velter veut continuer de proclamer cette vérité improbable et pourtant constamment réaffirmée, de siècle en siècle, de désespoir en tragédie : l'amour est plus fort que la mort, la parole est plus forte que le silence, quand on peut la pérenniser en écrivant.

Josyane Savigneau / Le Monde des Livres / 31 mars 2000

Arpenteur de légendes, nomade inspiré, André Velter est de ces poètes qui boivent l'émotion à sa source, chantent leur famine sur le versant noir des transparences amoureuses, marchent à pieds secs dans leurs rêves. Poésie incarnée qui charrie le vif et le mort, la cendre et le feu. Poésie du vertige dansé, mais poésie si fraternelle qu'elle rend lumineuse l'écriture du vent.

Richard Blin / Le Mensuel littéraire et poétique / avril 2000

Un tombeau de douleur, un tombeau de douceur, la présence d'une femme infiniment scintillante.

Michel Perraudeau / Anjou laïque / avril 2000

L'art d'André Velter, pour combler le vide par la vie, atteint des sommets de simplicité et luit déjà mieux qu'une étoile.

Pierre Perrin / La Nouvelle Revue Française / juin 2000

 

DOULEUR BRULÉE

Meurs avant moi, juste un peu
avant

Afin que ce ne soit pas toi
qui aies à revenir seule
sur le chemin de la maison

Ces vers du poète allemand Reiner Kunze sont de ceux qui nous restent en mémoire. Leur murmure porte loin et touche profond, dans cet espace du cœur que nous laissons rarement à découvert, là où l'amour est nu devant l'inéluctable.
Aux jours ordinaires, l'inéluctable se déplace avec la ligne d'horizon. Toujours visible et toujours à distance. Mais qu'advient-il quand d'un geste brutal le temps se resserre et que la mort emporte avant l'heure l'être aimé, si longtemps avant l'heure que c'en est un foudroiement où le monde même perd de sa vraisemblance ?
Le Septième sommet et L'Amour extrême d'André Velter sont deux livres nés de cette épreuve et de cette dévastation, deux diamants arrachés aux flancs de la douleur, deux colombes sauvées de l'incendie et dont l'envol rouvre à l'infini le ciel et l'amour.
Dédiés à Chantal Mauduit, l'alpiniste dont le dernier souffle s'est mêlé aux vents glacés de l'Himalaya un jour de mai 1998, ces livres nous bouleversent. Le chant qui se lève en eux est né de ce qui laisse sans voix. La lumière qui en émane, si intime dans sa substance, semble devoir se propager à jamais parmi les êtres et dans les temps.

L'amour qui transfigure la vie, l'amour qui est cette saillie hors de nous-même, aurait-il aussi le pouvoir de transfigurer la mort? On est tenté de le croire, quand il passe par le fil conducteur de la poésie. J'appelle poésie ce qui relie l'énergie de l'âme et l'énergie de la langue. Quand les deux ne sont pas en contact, l'humanité en nous mortifie son essor. Comme le disait Shelley, nous gisons alors "sous les cendres de notre propre naissance et couvons un éclair qui n'a pas trouvé de conducteur".
Ce que suggèrent les livres d'André Velter, dans la résonance qui transcende l'ancrage intime ou le brasier autobiographique, c'est que le temps est peut-être venu de penser à nouveau la fonction orphique de la poésie. N'est-elle pas, comme l'amour, et dans la conscience même de notre finitude, ce qui nous relève quotidiennement de notre propre mort psychique et spirituelle ? Lecteur, tu es à la fois Orphée et Eurydice !
Les poèmes du Septième sommet et de L'Amour extrême sont écrits avec des mots de neige et de feu, des mots qui absorbent toutes les ombres dans une transparence minérale mais qui ne consument jamais leur pudeur dans leur élan intrépide. Plutôt que d'élan, il faudrait peut-être parler d'intensité, mais l'intensité même correspond toujours à une vitesse intérieure. Tout ce qui fait une vie, un amour, un destin est resserré dans ces poèmes dont l'incandescence n'oblitère jamais la grâce. On pense au geste de l'archer : les vers sont des flèches, lancées vers quelle cible ? Vers l'infini qui est aussi en nous, vers cette zone de la cible que les archers depuis les temps anciens appellent douleur brûlée.

Mais cet infini, par surcroît, est celui de la résonance de l'ancien dans le moderne. Dans les dernières pages de l'Amour extrême, André Velter a lié dans un même tissage sa voix et celle des troubadours. De Peire Vidal à Bertran de Born, leurs vers se mêlent aux siens dans un chant uni qui ne porte nulle trace de greffe ou de suture. Ce geste opère comme une subversion à l'égard de certaines idées reçues : nos contemporains ne sont pas seulement ceux que le sens premier du mot, ou la rumeur publique, tiennent pour tels. Il est des œuvres qui dès l'instant de leur naissance regardent jusqu'au fond de l'avenir. Celles-là nous seront toujours contemporaines, viendraient-elles de l'Antiquité ou du Moyen-Age, et la quête du moderne dans le passé est une des tâches qui nous incombe. Les avant-gardistes russes l'avaient bien compris, en peinture comme en poésie, eux qui pour inventer des formes inouïes se sont volontairement plongés dans la fraîcheur de l'archaïque. Malévitch a dit tout ce qu'il devait à la leçon des icônes, et Khlebnikov à son immersion dans "la nuit étymologique".
Là où la voix sonne le plus juste, n'est-ce pas en ce point envié où le passé, le présent et l'avenir, se confondent ? En ces instants-là

Rien n'est éloigné de nos songes,
rien n'est trop fort à nos désirs,
rien ne peut faire que l'on renonce
à ce qu'il y a d'absolu sous nos pas.

Jean-Baptiste Para / Les Cahiers de L'Orcca - Dossier Langagières/ décembre 2000

 


 


LA VIE EN DANSANT
Gallimard 2000

C'est bien à l'écoute du bruissement immémorial du monde, de la rumeur des langues qu'André Velter bâtit avec une belle obstination une œuvre qui en fait un de nos plus inspirés compagnons d'insomnie.

Bernard Mazo / Aujourd'hui poème / février 2000

Poésie-dialogue, poésie-hommage, poésie qui accompagne le quotidien, combat la grisaille, l'inertie, poésie de la recherche d'harmonie, bien réunie dans le titre du livre, en forme de profession de foi : vivre "en dansant".

Josyane Savigneau / Le Monde des Livres / 31 mars 2000

La voix d'André Velter est une voix chaude, fraternelle, qui a d'indéniables vertus de contagion. Elle incite à une lecture à voix haute, invite à des connivences (...); elle appelle l'énergie exacte et pure d'une danse, d'un chant d'innocence et de muscles noués, où la présence épouserait l'évidence.

Richard Blin / Le Mensuel littéraire et poétique / avril 2000

Velter (qui aura connu la planète avant qu'elle ne soit la proie du tourisme, de la vitesse et de l'intéractivité absolus) apparaît comme le dernier poète de l'aventure inaugurée par un Cendrars au début du siècle, et le premier de l'"écosophie" définie par Guattari. Témoin privilégié d'une époque-charnière, sa parole s'en prend à la défiguration du monde par le profit et les instincts meurtriers, aussi bien qu'à l'indifférence qui leur abandonne le terrain.

Gérard Noiret / La Quinzaine Littéraire / 16-30 avril 2000

Poème cosmique. Poème de révolte, mais aussi de l'appel de mémoire de tous ceux qui vivent intensément la révolte dans le qui-vive de "l'écart absolu".

Marie-Claire Bancquart / Europe / juin-juillet 2000

Des richesses, pas seulement verbales, ruissellent ainsi à presque chaque page de La vie en dansant. Ce qui est cherché là, ce n'est non l'ascèse mais franchir "les portes du temps". Maintenant, c'est fait.

Pierre Perrin / La Nouvelle Revue Française / Juin 2000

 

 


 


UNE AUTRE ALTITUDE
Poèmes pour Chantal Mauduit

Gallimard 2001

Réelles ou spirituelles, André Velter est bien le poète des cimes.
Jean-Claude Perrier / Livres Hebdo n°409 / 19 janvier 2001

Ce recueil participe autant du désespoir que de la folle espérance, autant du visible qui rassure que de l'invisible qui appelle. Une poésie sans effets, dont le dépouillement atteint une pureté cristalline. On est bouleversé.
Elisabeth Barillé / Atmosphères / avril 2001

Une autre altitude, troisième volet d'un retable funèbre où le poète célèbre la mémoire de Chantal Mauduit, son amie disparue. C'est la mort traversée, comme le miroir, pour tendre la main à l'ange et entendre "son rire tonique / au plus aigu de la lumière".
Didier Jacob / Le nouvel observateur / 29 mars 2001

Cette œuvre, comme celle de René Char dont elle se souvient souvent, convoque Fureur et Mystère, réconciliant l'ivresse de l'exploration hardie et l'indicible de l'absence, en une seule extase sans époque : "Le feu passé aussi est un vin qui rend ivre".
Charles Stépanoff / Parages n°3 / printemps 2001

L'ensemble de ces poèmes - en écho à ceux des deux précédents recueils - sont superbes de véhémence dressée, de magnétisme ascensionnel, de beauté martyrisée, d'émerveillements purs.
Richard Blin / La Nouvelle Revue Française / juin 2001

Ce livre d'une grande pudeur évoque cette figure d'amour à jamais dérobée et que les mots parviennent à rejoindre. Ce tutoiement amoureux nous est immédiatement proche, tant il exprime avec délicatesse la perte d'un être dont l'aspiration à vivre fut toujours ascendante.
Marc Blanchet / Vient de paraître / juillet 2001

André Velter ne cherche pas à donner de solutions miracles. Jamais il ne se vante d'avoir trouvé la bonne porte, de connaître des mots plus forts que la mort. Et c'est pour cela que ses poèmes peuvent, sans lourdeur, accompagner le deuil singulier de chacun.
Josyane Savigneau / Le Monde des Livres / 10 août 2001

Nous risquons peu en affirmant qu'il y a beau temps (depuis Aragon, Éluard peut-être ?) qu'on n'avait lu un chant d'amour d'une aussi franche clarté, d'un si prégnant désespoir aussi, et pourtant faisant poème d'une joie à jamais conquise. Ce troisième livre, incandescent, est comme une sortie des ténèbres : certes, la douleur ne cède pas, ne cédera jamais, mais il est une heure enfin où la nuit ne pèse plus, où, par le chant vertical, le poète atteint, corps et esprit, ce "chant du monde" où s'éprouve intensément hors d'un réel trop étroit l'amour à l'état pur.
Jean-Pierre Siméon / L'Humanité / 7 octobre 2001

 


 



TOMBEAU DE
CHANTAL MAUDUIT

Poèmes d'André Velter
François-René Duchâble, piano
Alain Carré, récitant

FRÉMEAUX & ASSOCIÉS
Groupe Ooctave

2002

 

"Tu es venue et je me suis voué à cette venue..." Honneur à elle, amour pour elle : voici les poèmes qu'a écrits André Velter, lui-même grand montagnard, pour l'alpiniste Chantal Mauduit, emportée par une avalanche en 1998. Il fallait à cette poésie lyrique et généreuse, fine et passionnée, un grand souffle sonore; Duchâble le donne, sur un étrange piano Pleyel de 1937, clair et peu enclin aux épanchements. Toujours sur le fil, ce disque parvient à tisser la difficile toile de l'amour et de la musique : "Ce qui est après ce qui n'est plus..." (Frémeaux)
Jacques Drillon /Le Nouvel Observateur/ juin 2002

 

 


 

AU CABARET DE L'ÉPHÉMÈRE
Gallimard 2005

Par la grâce du Verbe, le "cabaret" d'André Velter, peut-être "éphémère, est surtout ouvert sur le monde, et vaste comme lui.
Jean-Claude Perrier / Livres Hebdo / 4 février 2005

"Au Cabaret de l'éphémère" est peut-être le plus accompli des livres d'André Velter. Au sens où dans les cimes de l'absolu, dans l'éternité de l'éphémère, dans les cris du silence et de l'humanité suppliciée, André Velter n'oublie pas l'homme de tous les jours, l'homme qui ressemble à chacun de nous.
Yanny Hureaux / L'Ardennais / 4 février 2005

Chez Velter comme chez Khayyam, une même célébration de l'amour, de la vie, une même manière de puiser dans le verbe et dans l'instant cette plénitude de ceux qui savent la violence du mourir et l'intensité de vivre.
Michèle Gazier / Télérama / 2 mars 2005

Ici le souffle s'est fait transparence. On respire avec les yeux, on voit avec l'air, chaque vers est image de maîtrise et de réfléchissement.
Jacques Darras / Aujourd'hui Poème / mars 2005

Malgré les différences idéologiques, on ne peut taire que la multiplicité des références (poètes, peintres, photographes), l'orchestration générale, l'évidence d'un combat et le primat du chant, n'ont d'équivalent que chez Aragon.
Gérard Noiret / La Quinzaine littéraire / 16-30 juin 2005

Cette poésie, douée d'une grande vélocité, caracole.
Patrick Kéchichian / Le Monde des Livres / 24 juin 2005

Confiant dans le pouvoir de séduction de l'oralité, en quête d'une expression directe, épris d'aventure et de grands espaces, André Velter a fait de son art poétique un art de goûter la vie avec la même tendresse désabusée qui le touche tant chez Khayyam, quêteur d'ivresse et apôtre de la lucidité.
Jean-Yves Masson / Le Magazine littéraire / juin 2005

André Velter a su retranscrire dans la forme la plus noble qui soit, par l'expression du plus haut degré de signification auquel le langage puisse tendre comme l'écrivait Daumal, le fruit savoureux d'une expérience intérieure, nourrie de la rumeur du monde. Il prend plaisir à vivre, réussit à partager une parole et à transmettre une émotion au cœur même d'une altérité, grâce à la magie du verbe et de la voix, grâce à un phrasé aussi foudroyant que contagieux.
Pierre Bonnasse / lelittéraire.com / 21 juillet 2005

 


 

 

 


ZINGARO SUITE ÉQUESTRE

&
Un piaffer de plus dans l'inconnu
dessins d'Ernest Pignon-Ernest
Gallimard 2005

Un bonheur pour l'œil, pour l'oreille et pour le cœur.
Jean-Louis Gouraud / Le Cheval / 4 février 2005

Lisons tout haut Velter. Chantons-le. Piaffons-le.
Didier Pobel / Le Dauphiné Libéré / 21 février 2005

Une des plus belles promenades qui soient au pays du rêve équestre de Bartabas. Velter sait dire la grâce, le souffle, la violence, l'enchantement de ses figures cavalières. Pignon-Ernest en scande le galop poétique d'un trait mobile et fluide comme la lumière. Bien plus qu'un exercice d'admiration, Zingaro suite équestre est un dialogue de créateurs.
Michèle Gazier / Télérama / 2 mars 2005

Un splendide et fiévreux emballement fleurant bon la piste, la sueur, l'art, la discipline, la beauté absolue d'un couple homme-cheval.
Francis Kochert / Le Républicain Lorrain / 13 mars 2005

Une fête païenne, une frénésie domptée de voltes et contre-voltes, de l'harmonie sur le qui-vive, de l'archaïque, du fauve, de la ferveur créant son rituel entre péril et magie, éclats de crinières et cabrés farouches, délire de croupes océanes et satin de muscles. Un condensé d'émotions que la vie ordinaire n'a guère l'occasion de nous donner, des moments uniques où l'éphémère a soudain goût d'éternité et où l'infini peut venir se lover au creux d'une encolure.
Richard Blin / Le Mensuel littéraire et poétique n°330 / avril 2005

Le poème et le dessin sont ici emblématiquement associés, comme le cavalier et sa monture, et l'on ne pourra plus lire les vers du poète sans voir surgir les portraits des équidés, les torsions de leur musculature, les cabrements et les galops issus de l'écurie plastique du peintre. Comme jadis de celle de Géricault. Et c'est une réussite qui enchante !
Charles Dobzynski / Europe n° 912 / avril 2005

Velter a trouvé en Zingaro un symbole de sa propre poétique, qui vise à l'audience la plus large sans renier les exigences de l'art.
Jean-Yves Masson / Le Magazine littéraire / juin 2005

Bartabas, vous n'en avez pas marre d'inspirer les bardes et les poètes ?
Bien au contraire ! Dans la mesure où je n'appartiens à aucune famille artistique, le regard de gens comme André Velter, Jérôme Garcin ou Ernest Pignon-Ernest, et de bien d'autres artistes à l'étranger, donne à mon travail sa vraie dimension. Ils me stimulent profondément.
Entretien avec Laurence Liban / L'Express / 15 octobre 2007


 


 


L'amour extrême
et autres poèmes pour Chantal Mauduit

Poésie / Gallimard
Février 2007

Libéré de cette "maladie de ne parler pour ne rien voir", André Velter ne fabrique jamais de discours inutiles mais littéralement crée des soleils dans la nuit, des "poèmes de cendre qui gardent le feu", et qui sont autant de bouleversantes boules de cristal dans lesquelles l'amour est changé en destin
Pierre Bonnasse / lelitteraire.com / 17 février 2007

Sous la plume d'un immense poète, le drame qu'il a vécu devient chef-d'œuvre.
Yanny Hureaux / L'Ardennais / 22 février 2007

Lisons, et à voix haute de préférence, ces proses et poèmes chantés pour l'élue qui a nom Chantal.
Aymen Hacen / La Presse de Tunisie / 5 mars 2007

Le lecteur est pris à la gorge par une émotion tenace, et ce sentiment vous traverse jusqu'aux dernières pages.
Mohammed Aïssaoui / Le Figaro / 5 mars 2007

Très émouvant. Une douleur pudique d'après la souffrance.
Vincent Josse / France Inter / 9 mars 2007

Pourtant issus d'une douleur sans nom, ces vers doués d'un lyrisme aérien semblent s'affranchir lentement des ténèbres et de la pesanteur.
J-L R / Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné / 9 mars 2007

Voici réunie en poche l'émouvante trilogie dédiée à l'alpiniste Chantal Mauduit. C'est un poignant tombeau aérien.
Didier Pobel / Le Dauphiné Libéré / 12 mars 2007

André Velter est un explorateur. Des horizons et des âmes. Il aimait Chantal Mauduit, disparue en mai 1998 sur les pentes du Dhaulagiri. Les poèmes qu'elle lui a inspirés sont désespérés ou illuminés, toujours enivrants.
Benoit Heimermann / L'Équipe Magazine / 17 mars 2007

Une poésie de haute solitude. La lumière posée sur la glace, noire, donne d'étranges reflets à la présence humaine. Le souffle est court, les larmes retenues. André Velter tresse une couronne de langage inspiré. On le lit la gorge serrée et les yeux levés vers les sommets que nous ne gravirons pas.
Pierre Maury / Le Soir / 30 mars 2007

Le deuil et la douleur n'altèrent pas la lumière éclatante, vitale, des hauts sommets.
Patrick Kéchichian / Le Monde / 13 avril 2007

Le pari qu'André Velter fait aujourd'hui sur la poésie déborde singulièrement le champ de la petite production française actuelle, principalement celle qu'ont cherché il n'y a guère à promouvoir nos universitaires, à grand renfort de terrorisme intellectuel et de formalisme abstrait. Si la voix d'André Velter encore retentit, ce n'est pas dans l'espace fugace, ingrat et volatil d'une littérature toujours en partie vouée à la modernité militante, c'est dans celui large et profond d'une poésie à la recherche de ses origines et de ses finalités, par delà les frontières et les temps.
Georges Guillain / La Quinzaine littéraire / 16 avril 2007

Déchirante pérégrination à travers la vie, la passion et la mort que ce livre tel un ardent et emblématique blason de l'amour maudit.
Bernard Mazo / Aujourd'hui Poème / mai 2007

Voilà un poète qui vit dans le réel et souvent dans les altitudes. J'avais été très impressionné par L'Amour extrême, suite de textes que lui a inspiré l'alpiniste Chantal Mauduit.
Patrick Poivre d'Arvor / Nice-Matin / 3 et 5 juin 2007

Et voilà un livre magnifique d'André Velter qui ne devrait concerner que Chantal Mauduit, morte sous une avalanche dans l'Himalaya, et lui, et qui pourtant vous concernera tous car c'est une magnifique cantate à l'amour.
Jean-Pierre Lesieur / Comme en Poésie / 30 juin 2007

Il faut lire André Velter pour voir comment l'amour extrême, mots qu'il emprunte au troubadour Jaufré Rudel, n'est pas exclusif mais extensif. Puissance démultiplicatrice.
Alain Freixe / L'Humanité / 21 juin 2007

La réunion en un volume de ces trois livres qu'on a vu surgir depuis 1998, à la fois comme un journal de la douleur et une exaltation amoureuse peu commune, remet en perspective cette poétique de la déchirure. Et le triptyque donne sa justification lyrique à cette poésie dense, acérée, à tous les sens du terme déchirante, une poésie de l'amour bien sûr mais surtout une poésie de l'élucidation amoureuse, qui donne à cet amour fol une puissance magnétique capable d'affoler les pôles. Parce que cet amour-là, cet amour fol, veut toucher le ciel, veut "voir l'azur à la renverse", veut s'élever jusqu'à "ce bleu qui boit de l'or".
Alain Duault / Le Nouveau Recueil / juin-août 2007

 


 


Midi à toutes les portes
Gallimard
avril 2007

André Velter habite sans conteste ces pages de prose dédiées à une mystique de l'écart, hésitant entre habiter le vide ou l'embrasser. Rêveur féroce !
Marie Étienne / La Quinzaine littéraire / 16 avril 2007

De ses Ardennes natales à l'Inde, André Velter a composé une magnifique invitation au voyage.
Jean-Claude Perrier / Livres Hebdo / 20 avril 2007

André Velter poursuit sa quête de l'absolu avec la conscience de Don Quichotte, la grâce d'un funambule, l'humilité d'un pèlerin, la fougue d'un sanglier. Dans Midi à toutes les portes, son nouveau livre publié chez Gallimard, s'il brasse les continents c'est pour nous offrir le souffle et le feu de cette vérité veltérienne : la poésie, donc la vie, n'a de sens que si elle contient et étreint l'univers entier.
Yanny Hureaux / L'Ardennais / 12 mai 2007

Poète pérégrin dont la voix est familière aux fidèles de France-Culture, André Velter fait mentir le proverbe gascon: il ne se contente pas de voir midi à sa porte, c'est sur la planète entière qu'il l'observe. D'aucuns rapportent de leurs voyages des photos, des objets d'art. Lui ramasse des mots : À quoi tient la magie d'un nom? On dit « Guadalquivir », « Tombouctou », « Ecbatane », « Ispahan », et c'est déjà un rêve éveillé qui commence, une mise en route imaginaire qui décide aussitôt de parcours bien réels, voire de passions durables. L'écrivain-voyageur est un verbomoteur.

Devant nous il retourne ses poches. Celles des écoliers d'autrefois contenaient tout un attirail hétéroclite, canif, billes d'agate, bouts de ficelle... Des siennes tombent des pages détachées d'un cahier, des poèmes ciselés, des notes érudites ou des images saisies au vol, comme ce haïku népalais intitulé « Exactement »:

Midi en face de Rongdo,
Je marche pesamment
Dans l'ombre de mon chapeau.

Pour ne pas voyager idiot, il faut s'émerveiller tout en restant soi-même. Velter n'est pas de ceux qui, comme les Dupondt ou leur ancêtre Fenouillard, adoptent le costume local où qu'ils se trouvent. Ce qui nous vaut des passages d'une grande drôlerie, comme ce massage éclair et décevant à Dasaswameth Ghât ou le boucan infernal qui interdit aux clients des hôtels Indian style de Bénarès de fermer l'œil de la nuit.

Mais la surface de la croûte terrestre ne suffit pas à son bonheur. Il est aussi archéologue, géologue. C'est de ses origines ardennaises que lui vient « la fibre tellurique ». S'il a arpenté l'Inde, l'Afghanistan, le Népal ou l'Irak, il évoque avec autant d'émoi sa Thiérache natale, moins exotique, ou encore les 33 ponts jetés sur la Seine lors de sa reptation à travers Paris. La beauté est au coin de la rue comme aux quatre coins du monde.
Jacques Nerson / Le Nouvel Observateur / 12 juillet 2007

 


 


Tant de soleils dans le sang
avec Pedro Soler et Ernest Pignon-Ernest
Alphabet de l'espace, 2008

"Coup de cœur".
Patrick Poivre d'Arvor / Vol de nuit TF1 / 7 avril 2008

Les éditions Alphabet de l'espace proposent trois présences flamenco, des ballades d'André Velter, un DVD présentant Velter disant ses chansons-poèmes que Pedro Soler prolonge à la guitare et des poèmes-tracts réalisés avec Ernest Pignon-Ernest, brusques, saisissants et insurgés. "Surtout ne pas ressembler aux poètes qui se prennent pour des poètes." André Velter célèbre : "Ce que nous avons à partager / avec ceux de la poésie vécue, / Villon, Garcia Lorca, Pasolini, Mandelstam, / c'est par les chemins de traverse / et les ballades naufragées / de ne pactiser jamais." Accompagner ce trio flamenco, c'est retrouver la nécessité de s'embellir en ne renonçant pas à ce que la vie propose ; ah ! c'est une beauté qui engage.
Évelyne Pieiller / L'Humanité / 11 avril 2008

Les éditions Alphabet de l’espace, à Annecy, publient leur premier ouvrage : Tant de soleils dans le sang, un livre composé par André Velter. Attaché à l’oralité, à ce qu’il appelle la « voix haute », le poète aime à s’entourer de comédiens et de musiciens. Pour ce récital, il a choisi la complicité d’un maître du flamenco, Pedro Soler. Un DVD vidéo fait revivre et prolonge leur récital.
Tant de soleils dans le sang exalte le chant profond de l’Andalousie, dans une langue à la fois intense et intime. « Toi qui es né / loin des soleils féroces, / tes dents de lait, / tes dents de loup / ont mordu à pleine lyre, à toute force, / à ce mythe andalou / qui fait le corps / roide et farouche, / et le désir insolent, / toujours à défier les temps / avec une dague / dans le sang. » Chaque poème a été composé dans le rappel et l’attente des musiques de Pedro Soler, comme cette invocation de la « guitarra », qui fait revivre la quintessence et le phrasé unique de cet instrument secret : « la guitare flamenca / sait descendre aux enfers / et voler un soleil, / elle meurt et ressuscite, / tisse un sac de ténèbres, / caresse une fontaine couverte de jasmins, / elle se confie à tous les ciels de la terre, / à l'or mystérieux des cinq doigts de la main, / elle appelle une femme ou un cheval / pour un baiser, pour un galop, pour une flamme ».
Qu’elle dise l’effroi sacré de l’arène, l’horizon qui vacille "entre les cornes du taureau ", ou l’éternité " à la pointe de l'épée", la parole vibrante et aimante d’André Velter ne cesse de côtoyer la fureur et les ténèbres. Liée au souffle et à la respiration, sa voix ouvre des espaces et cherche à éveiller en nous une jubilation apaisée. Le livre s’achève sur des poèmes-tracts et des dessins d’Ernest Pignon-Ernest à placarder dans les rues. « Mourir n'est pas nécessaire pour partir sans bagages ».
Résumons-nous. La voix d’André Velter, la guitare flamenca de Pedro Soler, les dessins de Pignon-Ernest et un DVD inséré: ce livre préfigure ce que peut, ou ce que doit être le livre de poésie de demain. Une belle aventure commence pour un jeune éditeur éclairé.
Bruno Sourdin / Ouest France / 15 avril 2008


L'événement n’a pas lieu tous les jours. Saluons donc la naissance d’une nouvelle maison d’édition, les Éditions Alphabet de l’espace, qui plus est vouée à la plus exigeante littérature. Les trois collections du futur catalogue s’appellent Ouvrir (avec pour mission d’ouvrir l’écriture poétique aux non-initiés), Alphabet (pour les amateurs de romans poétiques) et Poiêsis (terme grec qu’il n’est pas besoin de traduire). Le premier ouvrage paru augure de l’excellence du projet de cette enseigne haut-savoyarde dirigée par Nicolas Fougerousse. TANT DE SOLEILS DANS LE SANG d’ANDRÉ VELTER, par ailleurs auteur et éditeur chez Gallimard, se présente comme un « livre-récital » (un DVD de 90 mn est inclus), dans la résonance des musiques de Pedro Soler, rehaussé de sept poèmes-tracts avec Ernest Pignon-Ernest. « Dans la cacophonie qui passe / pour la rumeur du monde / il est des voix qui veulent / à tout moment et en tous lieux / tenir parole ».
Didier Pobel / Le Dauphiné Libéré / 21 avril 2008


Quelle plus noble aventure que d’oser éditer des œuvres poétiques ! Nicolas Fougerousse, fondateur des éditions Alphabet de l’Espace, s’y lance corps et âme au 27 rue Carnot, à Annecy (04.50.69.07.79). Don du ciel, Tant de soleils dans le sang, sa première publication, est une œuvre de notre André Velter. D’entrée de jeu, Nicolas Fougerousse impose sa marque en donnant à l’ouvrage la dimension d’un « livre-récital » accompagné de « sept poèmes-tracts ». Pas question ici de vous en dire plus sur le « récital » et les « tracts » tant vous serez émerveillés par leur découverte ! Sachez seulement qu’ils vous feront vivre intensément l’escapade andalouse « tout feu, tout flamenco » de l’enfant illustre de Signy-l’Abbaye. La guitare de Pedro Soler, les dessins d’Ernest Pignon-Ernest, les mots, les gestes, les regards, la chemise rouge d’André Velter illuminent la passion poétique des éditions Alphabet de l’Espace. À savourer, séance tenante. Yauque, nem !
Yanny Hureaux / L’Ardennais / 21 avril 2008

*


Quelle bouche d'ombre
ouvre les battants
du toril

et comment nommer
la fureur aveuglée
qui jaillit

bête ou fauve
fils ou frère
du vieux Minotaure

on ne sait au fond de soi
à quel mystère
se raccorde le trouble, le désir

le vertige

*


Qui peut redire
à l'heure de jouer sa vie

les reins cambrés
et le regard second

ce que confiait José Tomás
à l'éclat des arènes

Quand je torée
j'oublie mon corps


à l'hôtel


Ces poèmes sont extraits de Tant de soleil dans le sang d'André Velter, un livre- récital avec Pedro Soler et sept poèmes-tracts avec Ernest Pignon-Ernest, qui vient de paraître aux éditions Alphabet de l'espace.
Le livre est accompagné d'un dvd dans lequel André Velter dit ses poèmes en résonance avec la guitare toute de rondeur et de finesse de Pedro Soler. L'Espagne en est le fil conducteur avec l'évocation de la tauromachie, de Federico Garcia Lorca et de l'Andalousie.
C'est tout simplement magnifique et ça vous laisse un muy buen sabor de boca qui dure encore le matin quand vous vous réveillez.

Velonero / L'Œil contraire / 3 juin 2008 / http://velonero.blogspot.com

À L’Alphabet de l’espace, nouvelle maison d’édition, c’est dans la collection « Poiêsis », un livre-récital, Tant de soleils dans le sang d’André Velter. C’est un livre beau et fort, fait pour accueillir ce que les mots ont de fragile, de ténu et, au-delà d’eux, ce ton qui les emporte, ce ton auquel correspond la frappe de la Guitarra flamenca de Pedro Soler. Le soleil et le sang vont bien ensemble, ils célèbrent l’énergie et exaltent la couleur rouge, celle de la vie battante et passante. Ici, on va aux mots comme on va aux toros. On ne passe les mots que dans et par les actes au plus près de la corne, « sans voir ni penser/ qu’on a les mains en sang », à l’ombre de laquelle peut se lever le duende, celui qui, avec Lorca, figure centrale invoquée dans ce livre, « devient d’instinct miracle d’encre noire / inquiétude étrangement gaie, hantée / par une aube livide et un reste de lune ». André Velter a raison : « Tout ici entre en résonance : le sens affirmé des mots à l’égal de l’engagement sonore » de Pedro Soler comme à celui des « injonctions prises aux palissades, aux terrains vagues, aux façades, aux murs des rues » que sont les poèmes-tracts, ces mots accordés aux traits des dessins d’Ernest Pignon-Ernest qui terminent ce volume.
Alain Freixe / L’Humanité / 19 juin 2008

 


 


Extases
avec Ernest Pignon-Ernest
Gallimard 2008

C’est à la fois palpable et insondable, visible et irréel, pathétique et généreux, en un mot, inouï.
Yanny Hureaux / L’Ardennais / 11 juillet 2008

Lorsque les mots du poète font écho à la main du peintre, la conversation s’établit, fluide et complémentaire. Toute la richesse du catalogue de l’exposition Extases tient dans ces correspondances que le poète André Velter et le peintre Ernest Pignon-Ernest ont su tisser harmonieusement ensemble.
Ariane Dollfus / La Vie / 17 juillet 2008

Tout est inextricablement mêlé dans les dessins d’Ernest Pignon-Ernest qui constituent ce livre exceptionnel. Le corps et l’esprit. Le visible et l’enfoui. L’ici et l’au-delà. Extases : le titre happe, appelle à la contemplation, au ravissement, à l’effroi. Les figures ainsi immortalisées par le peintre des corps ont un nom : Marie Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marie de l’Incarnation ou bien encore Madame Guyon. "Elles sont pâmées, livrées, ravies, enfiévrées, languissantes et pures. Elles ont l’excès pour mesure. Elles brûlent d’un ineffable feu. Elles vont sans frein ni retenue porter leurs abîmes aux cieux." Magnifique propos liminaire. Il est signé André Velter. Comment n’y pas lire la métaphore plurielle de la plus exigeante création littéraire ? Velter, l’auteur de La vie en dansant, L’amour extrême ou Au Cabaret de l’éphémère est en effet l’un des poètes contemporains qui aura le plus sûrement uni la parole, l’illustration et, de façon plus générale, la mise en espace.
Didier Pobel / Le Dauphiné Libéré / 21 juillet 2008


Les représentations de sept grandes mystiques imaginées par Ernest Pignon-Ernest ont une beauté qui subjugue. Dans une économie de moyens qu’on lui connaît (grandes feuilles blanches, pierre noire et fusains), ce prodigieux dessinateur rend palpable l’incarnation de l’amour mystique et de ses vertiges. "Leur corps est un embarcadère qui s’arrache à la terre. / Leur corps est un vaisseau qui sombre dans un éblouissement, un éclair, une haute lumière. / Leur corps est une voile volée à l’ouragan". Les textes puissants et sensuels d’André Velter contribuent à l’élévation d’un projet magistralement accompli.
Geneviève Welcomme / La Croix / 18 septembre 2008


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