À Claude Guerre

LA VIE EN DANSANT

poème

Gallimard
2000

En poche, je garde sous le poing un mémento qui est moins qu'un viatique
et à peine un pense-bête. Il dit :

La poésie ne peut être coupée ni du sacré ni du réel.
Elle n'est pas un réservoir de mots d'ordre.
Elle a du souffle et pas de frontières.
Sa langue lui appartient, mais elle appartient à la rumeur des langues.
Opaque à tout populisme, elle n'a pas à craindre d'être populaire.
Si elle est vécue, elle change la vie.


Claude Guerre


© Elke Hesser/Retna

FRESQUE ET FEU

Tu as mis un brasier dans les pierres
avec tes mains de cendre
et cela bat comme un cœur de spectre
en mal de traversée.

La vision ne tient pas du miracle
mais d'une enfance de l'art
si soudain dépouillée en nos âmes
que nous sommes déroutés,

repris en flagrant délit de vivre
au hasard de nos traces
le long de ce jour le jour qui tue
sur le scalp du vieux monde.

L'autre côté double les étoiles
partout ce n'est que ça
la poussière de notre corps divin
laissé à la famine,

et puis l'autre de l'autre s'en vient
ressusciter le rite
d'un visage aimé à l'infini
quand tout serait passé.

C'était ainsi ce trou de mémoire
sur le mur incendié,
clairière d'un éternel départ
avec secrète escorte

de désirs et d'absences.

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie en dansant
par Alain Carré
autrement dit


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