La Seine des photographes
V ue par André Velter

 

Gallimard
Février 2006

Où que l'on soit au monde, quand on ferme les yeux pour penser à la Seine, c'est aussitôt Paris que l'on voit : le Paris des quais, des ponts et des îles,
le Paris qui borde les flots et paraît quelque peu en partance,
comme s'il était possible d'être à la fois le navire et le port,
et de justifier par là cette devise de batelier, Fluctuat nec mergitur,
qui suggère que l'âme de la cité étant de terre et d'eau,
elle flotte et ne sombre pas.

 

Il y a, pour qui aime Paris, une ritournelle qui mêle le pont au Double, le pont Marie, Arcole,
Iéna, le pont des Arts, la Concorde et Grenelle à Bercy,
il y a comme en écho Tolbiac et Bir-Hakeim, anciennement Passy,
l'Alma et Solférino, Alexandre III, Sully, le viaduc d'Auteuil changé en Garigliano,
il y a le pont National et celui des Invalides,
et il y a, faut-il qu'on s'en souvienne, le pont Mirabeau et les amours d'Apollinaire,
et le pont au Change où Robert Desnos veillait, avec "ce cœur qui haïssait la guerre"
mais appelait aux heures sombres ses frères d'embuscade.


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