ANDRÉ VELTER VALÉRIE ROUZEAU

La faute à qui


Valérie Rouzeau & André Velter en répétition
Chapelle Saint Marcel
© D.R

récital à deux voix
avec au piano, à l'accordina, à la trompette,
à la flûte, à l'accordéon et aux percussions
PHILIPPE LEYGNAC

Tout le monde connaît la chanson :

"Je suis tombé par terre
C'est la faute à Velter
Le nez dans le ruisseau
C'est la faute à Rouzeau"

mais désormais les deux fauteurs de troubles

donnent lecture publique de leurs poèmes :

un jeu d'échos et une complicité

qui font de la poésie un partage imprévu et tonique.


André Velter
Chapelle Saint Marcel
© D.R


Valérie Rouzeau a publié
Pas revoir
(Le Dé bleu)
Neige rien
(Éditions Unes)
et Va où (Le Temps qu'il fait)
Philippe Leygnac, pianiste de répertoire et d'improvisation, mais aussi véritable homme-orchestre se produit en concert et accompagne régulièrement comédiens et chanteurs, notamment Serge Utgé-Royo, Alain Leprest, Alain Aurenche et Jean-Luc Debattice.


Valérie Rouzeau & André Velter
Chapelle St Marcel
© D.R


Philippe Leygnac
Chapelle St Marcel
© D.R


La faute à qui
31 août 2002
Chapelle St Marcel
© D.R

****

La faute à qui réunit Valérie Rouzeau et André Velter, accompagnés par le pianiste "multi-instrumentiste" Philippe Leygnac.
Ce récital à deux voix qui se raccordent "au tempo d'alexandre",
tisse le murmure affirmé du rythme poétique unique de Valérie Rouzeau et la voix au long cours d'André Velter.
Les mots mezzo-voce d'un rossignol qui "merveillent la vie" alternent avec la parole à voix haute d'une poésie tonique,
"sursaut d'adolescence à jamais".


Envoi de ce disque contre 19€50 (port inclus)
chèque à l'ordre d'Élios Productions
30 boulevard de la Bastille 75 012 Paris

ou

en ligne

LA FAUTE À QUI : GENÈSE

Leur première rencontre fut celle de la voix. Une lecture mezzo-voce qui, mot à mot mais sans lamento, dit la perte du père ; une écoute gagnée par ce timbre précipité qui n'en finit pas de s'écouler telle une marée ascendante, inéluctable mais sans violence, qui jamais ne connaîtrait de reflux. André Velter découvre " une voix vraiment nouvelle qui ne ressemble à aucune autre. Une voix qui se reconnaît au premier signe, au premier souffle, que l'on entend une fois pour toutes, et à chaque fois une fois pour toutes, comme personne. " C'est un rendez-vous soudain que ce récitatif de la déploration " qui se prend de vitesse pour lutter contre un destin qui n'attendra pas " . C'est une monodie de la douleur " qui mêle reconnaissance brutale et fragile complicité " à l'oreille de celui qui l'accueille.

Valérie Rouzeau accole les mots, simples ou savants, bouscule les niveaux de langue, bouleverse la syntaxe, aligne les échos, mêle la fable de ses souvenirs et le bruissement de son microcosme. Elle conjugue joies, deuils et amours autant que solitudes, charrie ses images d'enfance, transcrit les anagrammes secrets, compose l'herbier de ses néologismes, essaime son latin, révise sa botanique, invente les " façons de se raccorder ciel et terre " . Son écriture va l'amble, ses poèmes s'enchaînent dans un même mouvement jusqu'à faire de l'alexandrin l'allant de son propre cœur. Ce tempo étrangement désinvolte nourrit une mélodie qui s'emballe, révèle la magie de sa langue.

André Velter décline ses horizons nomades, puise la ferveur de sa voix dans la rumeur des mondes, fait du poème une vaste chambre d'échos où ranimer les chants. Son parcours poétique multiplie les escales, s'attache à la voix haute, engage le corps autant que l'être pour tenter de " s'accorder à l'écho du dedans ", toujours à l'écoute de cette petite pièce de bois qui fait l'âme du violon. Sur la page, le poème marque l'ampleur de son espace et s'oppose aux feuillets de blocs serrés que Valérie Rouzeau dispose comme autant de galets où poser le pied. Le premier contraste est donc pour l'œil et annonce clairement ce qui attend l'oreille. Deux rythmes distincts, deux modes différents : un souffle qui guide vers les lointains pour lui, une parole qui tisse sa propre histoire pour elle.

La faute à qui assemble avec impertinence deux caractères dissemblables s'inventant des parentés sur un air de chanson qu'ils risquent en ouverture. La connivence permet les dissonances, accorde les échos, transcende les particularismes et l'harmonie opère. Elle, sans prendre le temps de musarder parle à mi-voix ; elle lit à blanc, s'en tient à son tempo, à bout de souffle , parfois escortée par le son délicat d'une flûte ou d'un accordina. Lui s'appuie sur des percussions, varie sa partition, joue des accords du piano, souligne avec ses mots, librement, un solo de trompette. Tour à tour, il parle Luca, s'emporte aux côtés d'Abdoh Rimb, cherche à dire " la première musique " et, lorsqu'il martèle sa version du Chant des canons, c'est la gorge qui marque le cadence et se prend à chanter.

Leurs paroles se succèdent mais ne fusionnent pas. L'alternance des lectures tresse leur complicité et les mène à l'acmé d'un unique poème à deux " qui tue et chante tout à la fois " , pour dire la rumeur, dans le sillage de Celan, de ce qui ne se dit pas. Un long intermède musical permet à l'un et à l'autre de reprendre sa voix. Encore quelques poèmes en solo qui " s'accordent dans le tumulte, le silence ou la fragilité des vies " et le récital s'achève.

André Velter et Valérie Rouzeau disent à deux l'alchimie du poème entre musique et souffle et divulguent l'étendue des registres d'une écriture à l'oreille. Les accents de leur poésie se donnent à écouter en une suite qui décuple les résonances, prolonge les échos, enchante le réel. L'intensité de telles inflexions poétiques est la marque d'une poésie à dire, engagée, réellement vécue.

Préfiguration du récital La faute à qui le 8 septembre 2001 à L'Échelle sans Philippe Leygnac.
Première le 19 octobre 2001 à Vénissieux.
6 décembre 2001 aux Langagières de Reims
5 avril 2002 à Laval
26 avril 2002 à Saint-Marc de Jaumegarde
31 août 2002 Chapelle Saint Marcel à Sisteron
13 & 14 octobre 2004 Maison de la Poésie à Paris


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