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Ce n'est plus qu'une zone en lambeaux,
une litanie de massacres et de ruines. Tous les messages, toutes les images,
tous les communiqués, tous les témoignages ne parlent que
de ravages, d'embuscades, de tortures, d'exode massif, d'absurde fanatisme
et même d'oiseaux égorgés.
Comment dire ce qu'était jadis la Haute-Asie, et il n'y a pas si
longtemps ? Comment dire que le présent y fait injure à
la mémoire?
Loin de nous pourtant l'idée de ressusciter.
Le monde ne vaut pas qu'on se retourne à tâtons repeindre
ses illusions avec un peu de poudre et un semblant de peur, avec un reste
d'azur ou une sorte d'éveil.
Notre entreprise est vaine et dérisoire : ce qui n'est plus n'est
plus, et nous ne sommes en charge que de ce qui a été :
une lumière, des traces, des échos, des chants, des murmures,
des silhouettes de sable, quelques frissons de corps et d'âmes sur
les lointains et ce vacillement de l'espace une fois pour toutes au plus
secret de nous.
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